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changement.jpgTextes - Art pariétal : une hypothèse explicative

 

 

                                                      L'homme préhistorique vit avec son environnement, dans un lien de conscience qui n'a pas encore subi les distorsions du recours prévalent au mental dans sa relation au réel. Dans ce contexte, il réalise de surprenants chefs-d'oeuvre qui franchiront intacts les barrières du temps et, des dizaines de milliers d'années plus tard, nous transmettent un héritage fondamental ; car l'art pariétal interpelle en nous les racines profondes de la condition humaine.

 

                                                         Si les explications sur les techniques de réalisation, particulièrement ingénieuses, deviennent plus claires, ( voir le lien sur le sujet en fin d'article ), le sens de ce travail stupéfiant, le pourquoi de cette production si spécifique, précise, inspirée, laisse encore la place à de nombreuses controverses. A la lumière des « énoncés du changement », une hypothèse envisageable se dessine à son tour, celle d'une pratique de fécondation par le lien de conscience unissant l'homme à la Terre-Mère nourricière.

                                                         L' homme préhistorique se sait dépendre des ressources de la nature pour sa survie. L'abondance ou la pénurie alimentaire ont des conséquences directes sur les groupes humains, favorisant leur épanouissement ou provoquant leur anéantissement. L'homme d'alors, qui est capable de ressentir avec acuité les champs de conscience de tout ce qui l'entoure, utilise à plein cette dimension pour organiser la quête permanente de nourriture : la cueillette, la chasse, la pêche, qui ne se résument pas à une somme d'efforts physiques et mentaux déployés pour vivre, mais constituent une relation intime à l'environnement dont il fait lui-même partie, et dont il ne pense pas ( encore ) à se dissocier. Ainsi, la conscience du cheval, du bison, du renne..., des troupeaux, habite l'homme préhistorique, comme celle du chasseur habite ses proies. Il sait que l'abondance des animaux comme d'ailleurs la pérennité des groupes d'hommes, dépendent des naissances, des petits qui sortent des ventres.

                                                         Il n'est pas étonnant que les grottes, les cavernes, ventres de la terre, qui servent d'abris, de refuges, d'habitats, pour les animaux comme pour les hommes, aient été investis également d'une fonction de reproduction; car la terre enfante toutes les formes de vie. L'homme préhistorique n'a pas besoin d'études ni de mots pour formuler cela car il en a l'entière conscience.  Le culte de la Terre-Mère sera le premier et se répandra sur tous les continents. En traçant au plus profond des obscures matrices les représentations des animaux dont sa survie dépend, l'homme éveille en la terre nourricière la conscience de ces promesses de vie que la nature veillera à faire croître.

                                                         Cet acte puissant revêt des aspects multiples. Il s'y joue l'expression du paradoxe existentiel propre à la condition humaine qui est de devoir assumer une conscience qui pense. Il crée la confluence entre l'être et la pensée symbolique, qui produira le chamanisme, le rituel religieux , la prière, la magie.  En agissant ainsi, l'homme prédateur rétablit  symboliquement un équilibre qui permettra d'assurer une ressource future, il crée le temps.

                                                         Ainsi, la puissance d'évocation de ces formes rendues vivantes à la lumière des torches mouvantes, en établissant le lien entre l'être et l'imaginaire de la pensée créatrice, fonde -t-elle l'humain dans sa troublante spécificité. Dans le mystère secret des profondeurs de la terre rayonne la présence vibratoire, qui traverse le temps, des champs de conscience que l'homme est venu y placer, pour rendre possible un avenir.

 

                                                                                       Plus de trente mille ans se sont écoulés et, si ces artefacts chargés de sens peuvent expliquer notre attrait pour les salles obscures, où par la magie de la lumière, des images s'animent qui nous font rêver, nous émeuvent et parfois même nous ouvrent la porte d'instants de conscience, ils sont également une invitation sacrée à répondre à l'urgence absolue de rétablir un lien conscient à notre environnement pour qu'un avenir soit encore...possible.

                                                                                                                __________________________

 

                                                                                                           Trois compléments sur l'art pariétal :

 

1- « La plus vieille énigme de l'humanité » :

http://www.youtube.com/watch?v=f8kvxDdgDQI

 

2- Présentation de la grotte Chauvet :

http://www.youtube.com/watch?v=Yts_gr01ldE

 

3- « Image N'Magie »

Quarante oeuvres du musée du Quai Branly provenant d'Océanie, Amérique et Afrique, exposées au château-musée de Tournon sur Rhône, été 2014.

 

                         Copie du texte d'introduction à l'exposition

 

                                « Dès le début de l'art, à la Préhistoire, les artistes ont su créer et maîtriser le pouvoir des images. Ayant découvert très tôt que toute représentation est une convention entre l'artiste et le spectateur, les parois peintes montrent qu'ils ont utilisé toutes les ressources des lignes, des surfaces, des couleurs, des matières et des volumes pour inventer des imageries complexes, animées. Le regard est invité à explorer des images dans l'image ou les multiplications, les superpositions, les retournements, les groupes où les figures isolées ne cessent de créer non des illusions mais des magies.

 

                                 Toute l'histoire des arts est parcourue de cette tension entre la ressemblance (mimesis) et l'image mentale. Les images de la grotte Chauvet montrent dans un sublime foisonnement la synthèse de l'imitation du réel (le ressemblant) et de l'abstraction. Elles semblent toujours créées par rapport à un ou des spectateurs dont la vision changerait, se déplacerait. Cette dynamique repose entre autres sur les effets d'optique, les inversions, l'anamorphose, toutes inventions que l'art occidental obnubilé par la ressemblance jusqu'à l'hyperréalisme a rejeté comme '' perspectives dépravées.''

 

                                   L'exposition montre que de nombreuses cultures dites ''primitives'', en Océanie, en Afrique ou en Amérique, ont aussi utilisé ces moyens avec virtuosité. Non qu'ils ne sachent pas ''faire semblant'' ou imiter, mais parce que les magies des images correspondaient davantage à leurs buts. L'image à double sens, figures à retournements, images contenues dans d'autres images, dites en abyme, mettent en scène des apparitions magiques ou merveilleuses destinées à captiver, capturer le regard. Souvent, cependant, ces superpositions ont des sens ambigus pour que seuls les initiés les déchiffrent. De même, si les représentations préhistoriques nous sont visiblement intelligibles, leur sens reste mystérieux.

 

                                   L'ouverture du regard sur l'art au XX ième siècle a permis de mettre en résonance des formes et des perspectives différentes. C'est sans conteste cette ouverture dans le temps et l'espace qui est le vrai progrès, alors que des 35 000 ans, tout était dit. »

 

                                                                                ____________________


Date de création : 07/06/2013 @ 17:22
Dernière modification : 08/02/2015 @ 15:27
Catégorie : Textes
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