Recherche
Contact
réseaux sociaux :
Pour vous ...
Visites
|
Approfondir - Le silence
" Si la parole est d'argent, le silence est d'or ... ", nous enseigne le vieux dicton. Le silence peut être apprécié, mais il suscite également l'inquiétude : " Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie " ( PASCAL ). Apaisant, inquiétant, pesant, contraint, profond, gênant, gêné, confus, glacé, circonspect, absolu, menaçant, engageant, révélateur, respectueux, recueilli, éternel, ... de mort : le silence, selon le contexte où il s'inscrit, revêt des connotations très diverses. Qu'est-ce en fait que le silence ? D'où provient-il ? Est-ce se taire, ou ne rien entendre, ... ou autre chose ? Sans un dispositif de décodage et d'interprétation des vibrations propagées par le milieu, l'appareil auditif relié au cerveau dans le cas des humains, tout n'est que silence. C'est donc bien notre organisation neurologique qui élabore en nous un monde sonore nous tenant lieu de réalité en lieu et place du silence effectif dans lequel tout se passe en fait. Nul doute que le mental soit devenu très sensible au silence, car c'est du silence que naît l'indice sonore, parfois ténu, dont peut dépendre la survie. Le silence crée une tension mentale car il correspond à une absence totale de vibration extérieure, situation tellement improbable qu'elle s'apparente à une menace, si elle ne préfigure pas la mort. Ainsi, le mental a à priori horreur du silence générateur d'insécurité et s'est appris à le combler par tous les moyens possibles. Le dialogue intérieur incessant fait partie de cette stratégie et il faut être particulièrement en confiance avec autrui pour accepter sans malaise le silence dans la relation. Les « énoncés du changement » et surtout leur mise en application, conduisent à une autre forme de silence : celui du mental lui-même. En effet, plus on développe des capacités à ressentir, ce à quoi les « énoncés du changement » nous invitent avec constance, plus le silence du mental s'installe. Réciproquement, le silence mental s'approfondissant, le ressenti s'accroît, et avec lui la conscience de ce qui est. Pour cette raison toutes les démarches spirituelles valorisent le silence intérieur : porte vers la transcendance et l'épanouissement de l'être. Cependant il semble vain de rechercher ce silence pour lui-même en faisant taire son mental, comme préalable à un développement personnel. Au contraire, cette disposition survient d'elle-même, naturellement, à la faveur de l'orientation vers le ressenti provenant de l'être intérieur : le silence représente le cadeau du ressenti au mental. Dans ce silence qui s'installe, les pensées devenues rares ou même absentes laissent place aux véritables couleurs du monde, que nos sens perçoivent ainsi sans le filtre de l'interprétation mentale. Ces perceptions alors éclairées par le ressenti, viendront enrichir le mental. C'est également dans le silence qui s' établit grâce au ressenti, que s'accomplit la dissolution de l'ego résultant de l'éveil ( é.121 à 136 ). Comme le sucre dans le verre d'eau, l'ego va pouvoir se dissoudre dans l'être, ceci lui permettant de devenir sensible aux infinies ressources de l'ouverture à la conscience : " Je suis ce qui est ". Dans le silence du mental, nous prenons conscience de notre lien réel à tout ce qui est. L'effet résultant est de transformer radicalement notre vision et conséquemment notre rapport au monde : d'où le changement. Ainsi, cette forme de silence loin d'engendrer de l'insécurité, devient vite familière, appréciée, car porteuse de ressourcement : une composante mentale essentielle, où peuvent se révéler la paix et la sérénité de l'être, matrices d'épanouissement et d'évolution.
Date de création : 03/12/2013 @ 16:13 Réactions à cet article
| à propos des énoncés
Suppléments
|




visiteurs
visiteurs en ligne
Approfondir - Le silence
Commentaires
Haut